LA METAMORPHOSE de Kafka Alors, imagine : tu te réveilles un matin, et t'as une grosse envie de tisane à l'ayahuasca, mais en fait tu es un insecte géant.
Toi, tu as déjà vu un cafard tenir une tasse ou un bol avec ses petites pattes d'insectes?
Non, t'as jamais vu ça.
C'est ce qui arrive à Gregor Samsa. Il se réveille métamorphosé en un insecte géant. Et puisque que l'ayahuasca n'a pas troublé son esprit, nul moyen d'imputer cette vision à une illusion. La réalité est implacable.
WTF.
Maintenant, il est coincé dans sa chambre, à se débattre avec ses pattes chitineuses, incapable d'ouvrir la porte. LE CAUCHEMAR !
Évidemment, sa famille le regarde comme une monstruosité ambulante. Progressivement, tout le monde s'éloigne. Plus personne pour lui parler, pour l'aider. Il devient un poids mort, un truc qu'on évite.
Mais La Métamorphose, ce n'est pas juste l'histoire d'un mec qui se transforme en insecte. Ce n'est pas juste un bug biologique dysfonctionnelle (ouais j'ai le droit de faire des jeux de mots avec Bug), c'est un roman qui plonge dans l'aliénation et la déshumanisation : Gregor, déjà esclave de son taf, devient tout bonnement inutile et rejeté dès qu'il se transforme. Sa famille, d'abord inquiète, finit par le jeter comme un déchet radioactif, prouvant que leur amour n'est qu'un contrat basé sur ce qu'il rapporte (monsieur rentabilité). Et puis, il y a l'absurde et cette angoisse existentiel qui flotte : sa métamorphose n'a aucune explication, c'est un monde arbitraire où tu subis tout, sans contrôle. Kafka nous balance une critique bien sentie du système du travail, qui ne te valorise que si tu es utile à la machine. Enfin, le corps étranger de Gregor, cette carapace, symbolise cette perte de contrôle, que ce soit à cause de la maladie, du handicap ou du vieillissement, mettant au placard ceux qui ne sont plus sur le marché de la rentabilité. Absurde, dérangeant, cauchemardesque.
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